Coût d’opportunité

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La vidéo constitue la base du bloc thématique.

À quoi bon échanger? Avantages comparatifs & coût d’opportunité – Argument frappant #5

La vidéo de «Monsieur Phi» d’une durée de 8 minutes présente, exemples à l’appui, les notions d’avantages absolus et comparatifs puis fait le lien entre ces notions et le coût d’opportunité.

Source

Monsieur Phi. À quoi bon échanger? Avantages comparatifs & coût d’opportunité – Argument frappant #5 (14.07.2017 – Durée: 07:54), préparé par nanoo.tv

Retrouvez ici le résumé de la vidéo.

Résumé

La vidéo de «Monsieur Phi» présente, exemples à l’appui, les notions d’avantages absolus et comparatifs puis fait le lien entre ces notions et le coût d’opportunité.
Durée: 07:54


Mise en contexte (00:00)

Adam Smith prône, via sa loi des avantages comparatifs, que tout un chacun doit se spécialiser ce qui amène à la division du travail et à l’échange. Mais, si je suis plus mauvais que tout le monde en tout, dois-je tout de même me spécialiser? Dans ce cas, les autres auraient-ils un intérêt à échanger avec moi?

Exemple 1: avantage absolu (01:01)

Dans la situation où chacun a un avantage absolu sur les autres, il est logique que chacun s’y spécialise. Preuve par l’exemple, tout le monde est gagnant.

Exemple 2: avantage comparatif (03:06)

Même si l’un des deux est meilleur en tout par rapport à l’autre, la spécialisation a tout son sens. Là aussi, l’exemple de la vidéo le prouve.

Coût d’opportunité (05:48)

La suite de l’exemple permet de faire le lien entre la division du travail et le coût d’opportunité également appelé coût de renoncement.

Grâce à notre quiz, testez vos connaissances sur le coût d’opportunité!

Cette fiche de travail vous donne la possibilité d’approfondir la thématique.

Documents

Le texte scientifique offre des informations de fond sur le sujet.

Coût d’opportunité

Le concept économique des coûts d’opportunité s’applique à la prise de décisions dans un contexte de ressources limitées.

La plupart des ressources, comme le temps, l’énergie et l’argent, sont limitées. Lors de prises de décisions, nous devons souvent choisir entre plusieurs options. Comme nous ne pouvons pas tout avoir, il convient de tirer le meilleur parti des ressources disponibles. Mais opter pour une option implique simultanément de renoncer à une autre alternative. Autrement dit, chaque décision occasionne des coûts et on essaiera de choisir l’option dont le coût d’opportunité nous semblera le plus faible. Le «coût d’opportunité» d’une option, d’une action ou d’une décision économique mesure donc la valeur de ce à quoi on renonce pour l’obtenir.

Pour illustrer le concept, prenons l’exemple de Marc dont le téléphone portable vient de rendre l’âme. Il a un budget de 500 francs pour faire l’acquisition d’un nouvel appareil. Il a le choix entre le tout dernier modèle de sa marque préférée qui lui reviendrait à 499 francs et le modèle d’avant qui coûte 120 francs de moins. Les coûts d’opportunité du tout dernier modèle correspondent donc au téléphone (soit un peu moins récent) et aux 120 francs restants auxquels Marc doit renoncer et qu’il aurait par exemple pu investir dans un abonnement Spotify ou Netflix pour une année.

Les coûts d’opportunité peuvent aussi se décompter en termes de «temps» ou en «énergie». Par exemple, si Cécilia décide de passer une heure sur Instagram, elle renonce «en temps» à une balade d’une heure au bord du lac. Le temps de la balade représente ainsi le coût d’opportunité d’Instagram.

Le concept est transposable à toutes sortes de décisions, plus ou moins importantes comme lorsque des parents décident de passer une journée par semaine à la maison avec leurs enfants, ils renoncent à une partie de leur salaire, ce qui représente le coût d’opportunité d’une journée en famille.

Les coûts d’opportunité reflètent la rareté relative des biens et services: par exemple, si le prix des burgers augmente, les coûts d’opportunité de la consommation de burgers augmentent. Ceci est dû au fait que qu’on pourrait par exemple se payer plus de chicken wings – considérés comme la meilleure alternative. Ces exemples montrent que, pour prendre une décision éclairée, il ne faut pas s’arrêter qu’aux coûts directs (coût du téléphone ou du burger), mais aussi garder les coûts des alternatives auxquelles on renonce.

Division du travail et spécialisation

Pour gagner en productivité, la théorie de la «division du travail» préconise de décomposer le processus de production en sous-tâches et à se répartir les tâches de manière à ce que chaque acteur économique (individu, entreprise, pays) se concentre sur la tâche où il est le plus compétent/productif. Chacun se spécialise donc dans un domaine où il a un avantage absolu par rapport aux autres, c’est-à-dire là où il est meilleur que les autres, puis il échange le fruit de son travail contre des biens ou des services produits par les autres là où ils sont, eux, les plus compétents.

Un exemple: Sarah est douée en informatique et sait débugger un ordinateur en moyenne trois fois plus rapidement que Paul. Par contre lorsqu’il s’agit de préparer un repas, elle doit souvent relire la recette plusieurs fois et finit par consacrer trois heures pour préparer une moussaka, là où Paul n’en a besoin que d’une. La prochaine fois que Paul rencontre une panne sur son ordinateur, les deux acteurs gagnent à passer un deal: pendant que Sarah débugue l’ordinateur de Paul en une heure, lui aura pu préparer une moussaka. Il leur restera deux heures pour déguster ce plat typiquement grec ensemble et/ou s’adonner à une autre activité. Deux heures qu’ils n’auraient pas à disposition si chacun ne s’était pas concentré sur la tâche pour laquelle ils ont un avantage de productivité.

Mais que faire si Sarah est à la fois une surdouée de l’informatique et une cuisinière hors pair? Paul est-il perdu?

Là où le concept des coûts d’opportunité rejoint la théorie des avantages comparatifs

Selon la théorie des avantages comparatifs, peu importe si un acteur (Sarah) est meilleur sur tous les plans qu’un autre (Paul): chacun gagnera à se spécialiser là où il a un «avantage comparatif», c’est-à-dire là où les coûts d’opportunité sont les plus bas.

Prenons une variante de l’exemple de Sarah et de Paul. Sarah passe en moyenne 2 heures à débuguer un ordinateur et 1 heure à préparer un repas digne de ce nom. Quant à Paul, l’informatique le fatigue et il passe en moyenne 6 heures à trouver la solution à ses problèmes, tandis que la confection d’un repas lui prend 2 heures en moyenne (l’énervement en moins).

InformatiqueCuisine
Sarah2h1h
Paul6h2h

Durant une semaine normale, l’ordinateur de chacun des deux compères tombe deux fois en panne, et chacun des deux doit manger 3 fois par jour (=21 repas par semaine).

  • Si Sarah couvre tous ses besoins elle-même, elle y consacre 25h dans la semaine (2 x 2h + 21 x 1h).
  • Si Paul couvre tous ses besoins lui-même, il y consacre 54h dans la semaine (2 x 6h + 21 x 2h)
InformatiqueCuisineTemps consacré par semaine
(sans spécialisation)
Sarah2h1h25h
Paul6h2h54h

Le coût d’opportunité d’un bug informatique pour Paul est de 3 repas (6/2). Il est de 2 repas (2/1) pour Sarah. A l’inverse, le coût d’opportunité d’un repas pour Sarah est d’un demi bug (1/2), il est d’un tiers de bug (2/6) pour Paul! Le repas coûte donc moins cher à Paul (1/3 au lieu de 1/2 pour Sarah) en termes de coûts d’opportunité. Il spécialisera sur les repas et elle sur l’informatique:

  • Sarah résout les bugs informatiques hebdomadaires en y consacrant 8h (4 pour Paul et 4 pour elle).
  • En contrepartie, Paul cuisine 5 fois pour Sarah en y consacrant 10h de son temps. Cinq repas constitue un optimum pour les deux acteurs. Si Paul cuisinait moins de 5 repas pour Sarah, le deal n’en vaudrait pas la chandelle pour Sarah. Si Paul cuisinait plus de 5 repas en échange de la résolution des deux bugs informatiques, il serait perdant.

Formellement, Paul consacre donc plus d’heures pour Sarah que l’inverse. Si on continue le calcul néanmoins, on remarque que l’arrangement profite certes aux deux, mais à Paul plus qu’à Sarah:

  • En tout, Sarah consacre 8h à l’informatique + (21-5h) aux repas = 24h en tout au lieu des 25h du haut
  • En tout, Paul consacre 10h aux repas (5*2) de Sarah et 42h (21*2) au siens = 52h dans la semaine au lieu des 54h du haut. Il n’a plus à s’occuper de ses problèmes informatiques.
InformatiqueCuisineTemps
sans spécialisation
Temps
avec spécialisation
Sarah2h1h25h24h
Paul6h2h54h52h

L’exemple de Paul et Sarah illustre le fait que même lorsqu’un acteur est moins productif en tout, tout le monde peut gagner à ce qu’il se spécialise dans la production du bien ou du service où ses coûts d’opportunités sont les plus bas. C’est du «win win»!

Pour en savoir plus:

• Module iconomix «Division du travail et commerce»
• Unil. David Ricardo et les avantages comparatifs
• Le nouvel Economiste. Le coût d’opportunité, une notion que nous oublions trop souvent de calculer (16.04.2018)
• Le Monde. Education: «A niveau égal en mathématiques le meilleur niveau des filles en lettres nuit à la façon dont elles se perçoivent en mathématiques» (25.07.2019)

Recueil de ressources pour commencer le cours ou approfondir les connaissances.

Pour en savoir plus

Vous trouverez ici différentes propositions de scénarios de cours.

Remarques didactiques

Cette vidéo didactisée est conçue pour une utilisation en classe et peut être facilement intégrée dans un scénario de cours existant.

Etant donné le rythme soutenu et la densité du contenu, cette vidéo est adaptée pour un enseignement en MPC/GYM.

Préparation du cours

Comment les élève peuvent-ils regarder une vidéo tout en résolvant les fiches de travail liées? Le schéma ci-dessous vous aide à y voir plus clair.

Scénarios de cours

En fonction des réponses, vous obtenez le scénario correspondant pour votre cours. Nous avons représenté ici quatre scénarios courants (aux fins de simplification, sans distinguer ce qui a lieu en cours et en dehors du cours):

Objectifs d’apprentissage pour cette séquence

Les élèves sont capables de…

  1. … comprendre et expliquer les notions d’avantages absolus et comparatif ainsi que le concept de coût d’opportunité.
  2. … comprendre l’intérêt de la spécialisation dans des situations économiques, professionnelles ou personnelles.
  3. …saisir le lien existant entre la division du travail et le coût d’opportunité.

Mots clés

Avantage absolu, avantage comparatif, besoin, commerce, coût d’opportunité, division du travail, échange, productivité, spécialisation

Documents

  • Fiche de travail
  • Propositions de solutions

Dernières modifications

((Ici apparaitront les adaptations faites dans le cadre d’une prochaine révision))

Actualisé

15.06.2020

Cette vidéo didactisée a été créée avec la participation de:

Conception

iconomix

Expertise scientifique

Noémie Roten
Journaliste chez Heidi.news

Cette vidéo didactisée est une version bêta. Nous sommes donc preneurs de vos suggestions, questions ou critiques!

N’hésitez donc pas à nous contacter »

Relecture didactique

Thomas Fischer
Collège et Ecole de Commerce André-Chavanne et Collège Sismondi

Vidéo

Monsieur Phi. À  quoi bon échanger ? Avantages comparatifs & coût d’opportunité – Argument frappant #5 (14.07.2017 – Durée: 07:54), préparé par nanoo.tv, la principale médiathèque collaborative en ligne pour les établissements de formation en Suisse.

Konzeption

iconomix

Fachberatung

Dr. Michael Manz
ehemals SNB, heute Staatssekretariat für internationale Finanzfragen SIF

Didaktische Beratung

Dr. Daniel Schmuki
Eidgenössisches Hochschulinstitut für Berufsbildung

Korrektorat

Rotstift AG, Bern